Posts Tagged ‘Le Nicaragua’

Vernissage « Regards d’artistes sur le Nicaragua »

vendredi, octobre 1st, 2010
Vernissage de lexposition La vie à la Campagne

Vernissage de l'exposition "La vie à la Campagne"

L’association TouSCAN est une association de Solidarité avec le Nicaragua. Ses membres m’ont soutenu et aidé de manière significative lors de la mise en place de mon projet photo. Je tiens à les en remercier encore une fois.

Afin de faire connaître un peu plus le Nicaragua en France, l’association a mis en place une manifestation « Regards d’artistes sur le Nicaragua » comprenant deux expositions et trois ateliers avec des artistes de la région, autour du pays.

Laurette Dardenne, artiste-peintre et moi-même avons donc présenté nos travaux, parralèlement à une présentation du Nicaragua et de l’association faite par TouSCAN. Le vernissage de la manifestation a eu lieu mardi dernier en présence d’une quarantaine de personnes.

Vernissage de lexposition La vie à la Campagne

Vernissage de l'exposition "La vie à la Campagne"

Cette exposition a été pour moi l’occasion de reprendre le reportage effectué « El Cacao, une communauté dans la montagne » et de l’enrichir afin de créé un travail plus complet renommé « La vie à la Campagne ». Je mettrai ce travail en ligne prochainement sur le site www.lumieredimages.fr.

Au cours du vernissage, j’ai également présenté un petit diaporama commenté sur le Nicaragua : situation, histoire et actualités afin de compléter les informations de l’exposition et donner un cadre plus clair concernant le pays. Bien que mon intervention en public n’ai pas été la plus sereine possible (je ne suis pas encore très habile pour parler en public…), cette petite présentation a été appréciée et je recommencerai avec plaisir, en ouvrant la parole à tous à la fin afin d’enrichir notre réflexion commune autour des sujets concernés.

Toujours dans le cadre de cette manifestation, je présenterai le Nicaragua de la manière la plus ludique possible à une classe de CM2 jeudi prochain. Je pense que mon expérience d’animatrice de centre de loisirs me sera utile, je vous tiendrai au courant !

En tous cas, et c’est au fond le plus important, je tiens à remercier sincèrement toutes les personnes présentes à ce vernissage. Sachez que votre présence et vos commentaires sont ce qui justifie et motive mes photographies, alors merci beaucoup !!!

A très bientôt !

Le vernissage du festival BarrObjectif

vendredi, octobre 1st, 2010

Quarante-trois photographes ont présenté leur travail à BarrObjectif cette année, dont moi ! Je suis très heureuse d’avoir pu exposer mes photos dans le cadre de ce festival qui grandi en popularité depuis quelques années, réunissant plus de 10 000 visiteurs en 2009 ! Pour dire vrai, ça fait bizarre de ce dire qu’autant de personnes auront eu l’occasion de passer devant mon exposition… Je suis d’autant plus fière que c’est en allant à ce festival, il y a plusieurs années, que j’ai découvert mes premières expositions de photographies.

Le vernissage a eu lieu le dimanche 19 septembre, en présence de plusieurs centaines de personnes, qui ont pu déambuler dans les rues de ce charmant petit village de Charente, sous le soleil et dans une atmosphère très agréable.

Merci beaucoup à toutes les personnes venues profiter du festival, j’espère que ce fut aussi agréable pour vous que cela l’a été pour tous les photographes exposants !

Festival de Photo-reportage BarrObjectif

vendredi, septembre 24th, 2010

Le festival de photo-reportage BarrObjectif se déroule actuellement dans le petit village de Barro, en plein coeur de la Charente. Une quarantaine d’expositions de tous pays sont présentées dans un cadre enchanteur le temps d’une semaine.

Le vernissage de dimanche dernier s’est très bien passé sous un magnifique soleil. Je suis très contente (et fière, il faut l’admettre) de présenter mon exposition « Portraits de Nicaraguayens » dans le lieu même où j’ai découvert mes premières expositions de photographies à l’âge de 17 ans.

Merci à l’association La Coulée Douce pour son accueil, merci à tous les visiteurs de cette 11ème édition du festival et merci à vous pour votre soutien !

Il y a un an… Aprodesa et El Sauce

vendredi, août 13th, 2010

Aprodesa est une association qui promeut l’agriculture durable au Nicaragua. Rencontrés grâce à l’association française TouSCAN, les membres de l’association Aprodesa m’ont ouvert leurs portes et m’ont apporté beaucoup lors de mon voyage. Je les en remercie encore.

El Sauce et les communautés de la montagne

Afin de découvrir au mieux leur travail, trois agronomes de l’association m’ont emmenée avec eux dans les communautés d’El Sauce. Pendant trois jours, je les ai suivis dans les villages et chez les fermiers d’El Cacao, d’El Guayabo et de Cerro Colorado. Nous montions sur la montagne en 4×4 à travers des chemins tortueux et redescendions le soir dormir dans un hôtel de la ville.

Là-haut sur la montagne, au milieu de la Nature, j’ai senti une paix immense m’envahir. J’en ai parlé avec un ami nicaraguayen qui a utilisé l’expression « la paz del corazon », la paix du coeur…

Contrairement aux images négatives que l’on a souvent des villages reculés, les habitants des communautés d’El Sauce ont été très ouverts et accueillants. Ils m’ont montré avec plaisir leur ferme, leurs travaux, leurs projets, leur vie… Que de choses en cours dans les villages !

Pour le salon Rica Cacao du Monde, un salon chocolat dans le Vieux Lille, j’ai préparé en février dernier une petite exposition de photographies sur ces communautés : vous pouvez la découvrir sur le site Lumières d’images, mon site de photographies.

Le travail des membres d’Aprodesa est très intéressant. Leur objectif est de lutter contre la déforestation des sommets montagneux pour favoriser l’absorption de l’eau par des sols de manière à reconstituer les nappes phréatiques. Ils interviennent dans les villages pour envisager avec les agriculteurs d’autres aménagements de leurs terres dans le double objectifs de promouvoir les cultures arborées et de maximiser la production agricole des paysans. Par exemple, ils peuvent leur proposer de planter du café dans les espaces non utilisés ou de cultiver des légumes pour être moins dépendant d’une seule et même production. Les agronomes sensibilisent également les agriculteurs pour qu’ils cessent de brûler leurs champs avant chaque nouvelle plantation. Cette pratique, courante, a pour objectif de supprimer toutes les anciennes graines mais qui détruit par la même occasion les richesses de la terre. Les agronomes discutent, partagent et conseillent. Les fermiers, maîtres chez eux, suivent leurs propositions uniquement s’ils le désirent.

Eologia, abuela de la campagne

dimanche, août 8th, 2010
Eologia, abuela de la campagne

Eologia, abuela de la campagne

Le regard d’une femme.

Une main qui vous touche.

Un sourire.

Un accueil chaleureux.

Tout cela peut se passer en moins de quelques minutes et vous marquer pour la vie.

Elle m’a regardé partir jusqu’à ce que je quitte l’horizon et j’ai senti mon cœur qui battait.
Croisée au détour d’un chemin, Eologia m’a offert beaucoup. Je n’ai pas eu le temps de la connaître mais ce portrait en dit long. Je vous l’offre.

Il y a un an… Une journée mémorable

vendredi, juillet 30th, 2010

« On est pauvre mais notre richesse, elle est là » m’a-t-il dit en me montrant la Lagune. Toute la richesse de la nature. Ce pourrait être la morale d’un conte, d’une légende. Mieux que cela, c’est une histoire vraie que je vais vous conter.

Je me baladais à la sortie du marché. C’était la première fois que je venais à Masaya. Je ne cherchais rien de spécial alors je me suis promenée tout d’abord dans le marché puis dans les quartiers périphériques. Je marchais sans but, observant les maisons et les habitants devant lesquels je passais. Des sourires échangés sur le passage. Une belle journée. Se baladant en vélo, José Angel s’est approché et l’on a commencé à discuter tout en avançant, moi à pied, lui en vélo. Il me proposa de m’emmener au parc central sur son vélo. J’hésitai une demi-seconde avant d’accepter. Ma mère m’a bercée aux proverbes et aux citations : « Ne fais pas confiance aux puissants et aux riches mais au premier venu sur le regard ». José Angel m’a par la suite proposé de me faire visiter la ville et de fil en aiguille, il m’a amené jusqu’à la Laguna de Apoyo, une lagune unique et merveilleuse située à quelques kilomètres de là. A l’écart  du belvédère touristique, nous étions au milieu de la nature pour observer le paysage. Je le questionnais, il me raconta son histoire, son travail, ses balades et son goût de présenter les merveilles de la ville aux touristes. « Certains font cela pour recevoir quelque chose… je n’attends rien… je rencontre des gens. Le plus souvent les gens refusent. Ils ont peur. Mon jean est déchiré et mon t-shirt troué ». Je ne m’avais même pas remarqué. José travaille avec ses frères et sœurs dans la maison que leurs parents leurs ont laissés en partant. Ils fabriquent des jouets en bois qu’ils vendent dans la rue au Honduras, au Salvador et plus rarement au Nicaragua. Cela ne rapporte pas grand chose. C’est tout juste suffisant pour survivre. Sa liberté, c’est son vélo qui lui permet de s’enfuir, de se balader. « Nous sommes pauvres mais notre richesse, elle est  là » m’a-t-il dit en me montrant la Lagune.

Merci José.

La Mocuana, légende nicaraguayenne

dimanche, juillet 25th, 2010

La tradition et la culture indigène sont encore assez présentes au Nicaragua. Chaque ville possède ses contes et légendes particulières qui sont plus ou moins connues dans le reste du pays. Ces légendes ont été regroupées par plusieurs auteurs dont la Licenciada Josefa Maria Montenegro dans le cadre d’un travail de fin d’étude pour le Colegio Calasanz. Norma Morales m’a présenté son mémoire avec un recueil de nombreux contes nicaraguayens que j’ai récupéré. J’en ai commencé la traduction (non professionnelle) et je vous présente aujourd’hui une légende de la région de Sébaco : La Mocuana.

LA MOCUANA

Approximativement vers l’année 1530, les espagnols réalisèrent une expédition bien armée en territoire nicaraguayen afin d’étendre leur domination et d’augmenter leurs richesses. Durant cette incursion, les espagnols réussirent soumettre les indiens de Sebaco, habitants de la Lagune de la Moyua. Le chef de la tribu, une fois vaincu, offrit aux conquistadors des sacs, fabriqués avec du cuir de cerf, remplis de petites d’or.

La nouvelle que les conquistadors étaient rentrés avec de grandes richesses attira en Espagne l’attention d’un jeune homme qui espérait changer son quotidien et dont le père était mort au cours de cette expédition. Décidé, le jeune homme s’engagea et, après un long et difficile voyage, il arriva sur le sol nicaraguayen, où il fut très bien accueilli par les habitants qui croyaient que c’était un prêtre.

Arrivé à Sébaco, le jeune homme fit connaissance avec la jolie fille du cacique [NB : chef indigène] et la fit tomber amoureuse avec l’intention de s’approprier les richesses de son père. La jeune indigène tomba éperdument amoureuse de l’espagnol et en preuve de son amour, elle lui fit connaître le lieu où son père gardait ses richesses. Certains prétendent que le jeune homme finit lui aussi par tomber amoureux de la jeune indigène.

Quand le cacique apprit les sentiments qui existaient entre sa fille et l’étranger, il s’opposa fermement à la relation, tant et si bien, qu’ils furent obligés de fuir là où la furie du père ne les atteindrait pas. Mais le cacique réussit à les retrouver, se confronta fièrement à l’espagnol, parvenant à lui donner la mort, après quoi il enferma sa fille dans une grotte dans les collines, malgré qu’elle soit enceinte. Certaines versions assurent que c’est l’espagnol qui enferma l’indigène après s’être approprié les trésors du père.

La légende de la Mocuana raconte qu’avec le temps, devenue folle, la fille du cacique réussit à sortir par un tunnel, mais en le faisant, elle a tiré son fils dans un abîme et depuis ce temps, elle apparaît par les chemins, invitant les promeneurs dans sa grotte. Ceux qui l’ont rencontré disent qu’on ne voit pas son visage, seulement sa mince silhouette et ses longs et beaux cheveux noirs.

Dans certains lieux, on raconte que quand la Mocuana rencontre un nouveau né, elle le tue et laisse un bracelet d’or aux parents. D’autres versions assurent qu’elle l’emporte en laissant derrière elle des pièces d’or.


Texte de Josefa Ma. Montenegro, traduction Hélène Legay

La Consigna de Carlos Mejia Godoy

mercredi, juillet 21st, 2010


Hermano, dame tu mano
y unidos marchemos ya
hacia el sol de la victoria,
trayectoria de la libertad.

Hermano de la montaña,
hermano de la ciudad,
juntos unidos lucharemos
y unidos lograremos
llegar al final.

Ya nadie detiene la avalancha
de un pueblo que tomó su decisión ;
esta es la guerra desatada,
popular y prolongada contra el opresor.

¿ Cuál es la Consigna ?
El pueblo no se detiene.
¿ Cuál es la Consigna ?
F S L N

¡ F de Fuerza insobornable,
S de Sol de libertad,
L de Lucha inclaudicable,
N de No retroceder


(Frère, donne moi ta main,
et ensemble marchons
jusqu’à la terre de la victoire
sur le chemin de la liberté.

Frère de la montagne,
frère de la ville,
tous ensemble nous lutterons
et unis nous réussirons
à arriver jusqu’au bout.

Plus personne ne peut contenir l’avalanche
d’un peuple qui a pris sa décision;
ceci est la guerre déchaînée,
populaire et prolongée contre l’oppresseur.

Quelle est la Consigne?
Le peuple ne peut se contenir.
Quelle est la Consigne?
F S L N

F de Force incorruptible,
S de Sol de la Liberté
L de Lutte inébranlable
N de Ne reculera pas !)

Il y a un an… l’anniversaire de la Révolution

mercredi, juillet 21st, 2010

La Consigna, l’un des hymnes de la révolution Nicaraguayenne de 1979, de Carlos Mejia Godoy

Ce chant, répété par des milliers de personnes, dans une atmosphère d’allégresse, sous un soleil de plomb. Du rouge et du noir sur les drapeaux, sur les vêtements, sur les visages. Une scène, des discours, mais surtout, les retrouvailles d’un peuple qui fête la victoire, sa victoire. Jamais je n’avais ressenti avec un telle force : la joie d’une foule, transmise à quiconque s’en approche. Le bonheur commun d’être ensemble et d’avoir gagné.

19 juillet 2009. Le trentième anniversaire de la Révolution Sandiniste. Le trentième anniversaire de la mise en place de la république démocratique. Le trentième anniversaire de la fuite de Somoza, le dictateur.

30 ans de la révolution. Marque sur le visage.

30 ans de la révolution. Marque sur le visage.

30 ans de la révolution. Drapeau du FSLN.

30 ans de la révolution. Drapeau du FSLN.

30 ans de la révolution. Marque sur le visage.

30 ans de la révolution. Bracelet FSLN.

30 ans de la révolution. Marque sur le visage.

30 ans de la révolution. En l’air

30 ans de la révolution. Marque sur le visage.

30 ans de la révolution. La tribune.

30 ans de la révolution. Marque sur le visage.

30 ans de la révolution. L’enfant aux drapeaux.

Au-delà de la fête, beaucoup d’autres choses se jouaient derrière cette fête de la révolution. La masse de la foule représentait le soutien de la population au président actuel, l’un des anciens leaders de la révolution de 1979, Daniel Ortega. Un soutien qui ne va pas de soi. Après quinze ans de gouvernement libéral, le parti Sandiniste a de nouveau gagné les élections en 2006, grâce à des manigances politiques et à une alliance avec les chrétiens. Une concession majeure fut l’interdiction totale de l’avortement, même thérapeutique. Depuis, une partie de la population trouve que les mesures du président sont de trop faible ampleur et ne sont plus en adéquation totale avec les idéaux originaux du FSLN (Front Sandiniste de Libération Nationale – Parti Sandiniste). Il y avait du monde sur la Place de la Révolution le 19 juillet, mais pas autant que les années précédentes.

Malgré les campagnes de publicité, les discours à répétition dans tout le pays, Daniel Ortega perd peu à peu l’estime des nicaraguayens. Mais si Daniel Ortega n’est pas apprécié par tous, la révolution ne l’est pas non plus complètement. Les partisans de l’ancien dictateur et les libéraux sont nombreux. Ce n’est pas sans raison qu’ils ont gagné les élections de 1990 à 2002. Ce n’est pas un hasard s’il a été si difficile au Parti Sandiniste de reprendre le pouvoir. Pourtant, en discutant dans la rue avec les personnes que j’ai croisé, il est rare de les rencontrer, ces personnes qui s’avouent ouvertement libérales. Elles sont là, présentes mais elles se taisent. Les représailles ne seraient pas violentes mais tout le monde sait que les avantages que le gouvernement offre aux plus pauvres reviennent essentiellement, si ce n’est seulement, aux partisans du FSLN. Un bon élève issu d’une famille ouvertement Sandiniste aura plus de chance de décrocher une bourse d’étude qu’un très bon élève issu d’une famille non engagé officiellement politiquement. Le favoritisme politique et la corruption des membres politique de haut niveau ne sont pas un secret. Il ne s’agit pas d’une spécificité Sandiniste. Les gouvernements libéraux travaillaient de la même manière. Pour exemple les pots de vin monstrueux et les détournements de fonds internationaux des ONG censés venir en aide aux familles touchées par l’ouragan Mitch qui avait fait plus de 10 000 morts et sinistré des dizaines de milliers de personnes en 1998.

Il pourrait être intéressant de donner des chiffres pour étayer cet article, mais entre non-dit, manigances et corruption, il est difficile d’avoir confiance en les instituts de sondages. Ce qui est sûr, c’est que la population est partagée et que le FSLN est sur la défensive. L’importance des rumeurs de manipulation de la part du FSLN lors des élections municipales de 2008 en est la preuve. Mythe ou réalité, je ne me prononcerai pas, je n’en suis pas capable. Mais l’Union Européenne et les USA ont tranché en supprimant leur aide au Nicaragua. Daniel Ortega fait mine de s’en moquer mais la hausse des aides du Venezuela d’Hugo Chavez ne compensera pas les pertes. Le grand perdant dans cette histoire est, encore et toujours, le peuple.

Ajout : Souvenir de la révolution par les affiches : lien BBC News http://www.bbc.co.uk/news/world-latin-america-10689502