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La Mocuana, légende nicaraguayenne

dimanche, juillet 25th, 2010

La tradition et la culture indigène sont encore assez présentes au Nicaragua. Chaque ville possède ses contes et légendes particulières qui sont plus ou moins connues dans le reste du pays. Ces légendes ont été regroupées par plusieurs auteurs dont la Licenciada Josefa Maria Montenegro dans le cadre d’un travail de fin d’étude pour le Colegio Calasanz. Norma Morales m’a présenté son mémoire avec un recueil de nombreux contes nicaraguayens que j’ai récupéré. J’en ai commencé la traduction (non professionnelle) et je vous présente aujourd’hui une légende de la région de Sébaco : La Mocuana.

LA MOCUANA

Approximativement vers l’année 1530, les espagnols réalisèrent une expédition bien armée en territoire nicaraguayen afin d’étendre leur domination et d’augmenter leurs richesses. Durant cette incursion, les espagnols réussirent soumettre les indiens de Sebaco, habitants de la Lagune de la Moyua. Le chef de la tribu, une fois vaincu, offrit aux conquistadors des sacs, fabriqués avec du cuir de cerf, remplis de petites d’or.

La nouvelle que les conquistadors étaient rentrés avec de grandes richesses attira en Espagne l’attention d’un jeune homme qui espérait changer son quotidien et dont le père était mort au cours de cette expédition. Décidé, le jeune homme s’engagea et, après un long et difficile voyage, il arriva sur le sol nicaraguayen, où il fut très bien accueilli par les habitants qui croyaient que c’était un prêtre.

Arrivé à Sébaco, le jeune homme fit connaissance avec la jolie fille du cacique [NB : chef indigène] et la fit tomber amoureuse avec l’intention de s’approprier les richesses de son père. La jeune indigène tomba éperdument amoureuse de l’espagnol et en preuve de son amour, elle lui fit connaître le lieu où son père gardait ses richesses. Certains prétendent que le jeune homme finit lui aussi par tomber amoureux de la jeune indigène.

Quand le cacique apprit les sentiments qui existaient entre sa fille et l’étranger, il s’opposa fermement à la relation, tant et si bien, qu’ils furent obligés de fuir là où la furie du père ne les atteindrait pas. Mais le cacique réussit à les retrouver, se confronta fièrement à l’espagnol, parvenant à lui donner la mort, après quoi il enferma sa fille dans une grotte dans les collines, malgré qu’elle soit enceinte. Certaines versions assurent que c’est l’espagnol qui enferma l’indigène après s’être approprié les trésors du père.

La légende de la Mocuana raconte qu’avec le temps, devenue folle, la fille du cacique réussit à sortir par un tunnel, mais en le faisant, elle a tiré son fils dans un abîme et depuis ce temps, elle apparaît par les chemins, invitant les promeneurs dans sa grotte. Ceux qui l’ont rencontré disent qu’on ne voit pas son visage, seulement sa mince silhouette et ses longs et beaux cheveux noirs.

Dans certains lieux, on raconte que quand la Mocuana rencontre un nouveau né, elle le tue et laisse un bracelet d’or aux parents. D’autres versions assurent qu’elle l’emporte en laissant derrière elle des pièces d’or.


Texte de Josefa Ma. Montenegro, traduction Hélène Legay

Don Alberto gutierrez Jiron, tailleur de pierre.

lundi, novembre 9th, 2009
Don Alberto Gutierrez Jiron

Don Alberto Gutierrez Jiron

Paysan, propriétaire d’une finca (ferme) dans les montagne du nord du pays, Don Alberto Gutierrez a bâti sa réputation de sculptures de pierres, taillées directement dans la roche de la montagne.
Il a commencé ses sculptures en 1977, après avoir passé sa jeunesse dans les champs et à travers le pays quand il a pu. Il a également effectué un séjour au Japon,  on en retrouve la trace dans ses sculptures.

Quand on arrive chez lui, Don Alberto nous amène sur les lieux des sculptures. Sur le chemin, il a planté de nombreuses plantes ornementales et il présente avec fierté ses œuvres et sa ferme.Quelques pierres gravées sont décorent les abords du chemin. Il travaille la terre de manière biologique avec un respect total de l’environnement.
L’essentiel du travail effectué par Don Alberto est constitué d’une murale de pierre de montagne de plusieurs dizaines de mètres de long, qu’il continue à agrandir, jours après jours.
Ses sculptures représente le Nicaragua, la fierté d’être Nicaraguayen et la culture locale. On y trouve également des apports d’autres cultures, avec notamment des animaux spécifiques, comme le chameau et l’éléphant d’ Asie. Dans un renfoncement de la pierre, Don Alberto a également ajouté une crèche de la naissance de Jésus.
Tout au long du chemin, il chante les poèmes qu’il aime, poèmes de Ruben Dario (le poète Nicaraguayen) ou de lui-même.