Archive for the ‘Portraits de Nicaraguayens’ Category

Il y a un an… Aprodesa et El Sauce

vendredi, août 13th, 2010

Aprodesa est une association qui promeut l’agriculture durable au Nicaragua. Rencontrés grâce à l’association française TouSCAN, les membres de l’association Aprodesa m’ont ouvert leurs portes et m’ont apporté beaucoup lors de mon voyage. Je les en remercie encore.

El Sauce et les communautés de la montagne

Afin de découvrir au mieux leur travail, trois agronomes de l’association m’ont emmenée avec eux dans les communautés d’El Sauce. Pendant trois jours, je les ai suivis dans les villages et chez les fermiers d’El Cacao, d’El Guayabo et de Cerro Colorado. Nous montions sur la montagne en 4×4 à travers des chemins tortueux et redescendions le soir dormir dans un hôtel de la ville.

Là-haut sur la montagne, au milieu de la Nature, j’ai senti une paix immense m’envahir. J’en ai parlé avec un ami nicaraguayen qui a utilisé l’expression « la paz del corazon », la paix du coeur…

Contrairement aux images négatives que l’on a souvent des villages reculés, les habitants des communautés d’El Sauce ont été très ouverts et accueillants. Ils m’ont montré avec plaisir leur ferme, leurs travaux, leurs projets, leur vie… Que de choses en cours dans les villages !

Pour le salon Rica Cacao du Monde, un salon chocolat dans le Vieux Lille, j’ai préparé en février dernier une petite exposition de photographies sur ces communautés : vous pouvez la découvrir sur le site Lumières d’images, mon site de photographies.

Le travail des membres d’Aprodesa est très intéressant. Leur objectif est de lutter contre la déforestation des sommets montagneux pour favoriser l’absorption de l’eau par des sols de manière à reconstituer les nappes phréatiques. Ils interviennent dans les villages pour envisager avec les agriculteurs d’autres aménagements de leurs terres dans le double objectifs de promouvoir les cultures arborées et de maximiser la production agricole des paysans. Par exemple, ils peuvent leur proposer de planter du café dans les espaces non utilisés ou de cultiver des légumes pour être moins dépendant d’une seule et même production. Les agronomes sensibilisent également les agriculteurs pour qu’ils cessent de brûler leurs champs avant chaque nouvelle plantation. Cette pratique, courante, a pour objectif de supprimer toutes les anciennes graines mais qui détruit par la même occasion les richesses de la terre. Les agronomes discutent, partagent et conseillent. Les fermiers, maîtres chez eux, suivent leurs propositions uniquement s’ils le désirent.

Eologia, abuela de la campagne

dimanche, août 8th, 2010
Eologia, abuela de la campagne

Eologia, abuela de la campagne

Le regard d’une femme.

Une main qui vous touche.

Un sourire.

Un accueil chaleureux.

Tout cela peut se passer en moins de quelques minutes et vous marquer pour la vie.

Elle m’a regardé partir jusqu’à ce que je quitte l’horizon et j’ai senti mon cœur qui battait.
Croisée au détour d’un chemin, Eologia m’a offert beaucoup. Je n’ai pas eu le temps de la connaître mais ce portrait en dit long. Je vous l’offre.

Il y a un an… Une journée mémorable

vendredi, juillet 30th, 2010

« On est pauvre mais notre richesse, elle est là » m’a-t-il dit en me montrant la Lagune. Toute la richesse de la nature. Ce pourrait être la morale d’un conte, d’une légende. Mieux que cela, c’est une histoire vraie que je vais vous conter.

Je me baladais à la sortie du marché. C’était la première fois que je venais à Masaya. Je ne cherchais rien de spécial alors je me suis promenée tout d’abord dans le marché puis dans les quartiers périphériques. Je marchais sans but, observant les maisons et les habitants devant lesquels je passais. Des sourires échangés sur le passage. Une belle journée. Se baladant en vélo, José Angel s’est approché et l’on a commencé à discuter tout en avançant, moi à pied, lui en vélo. Il me proposa de m’emmener au parc central sur son vélo. J’hésitai une demi-seconde avant d’accepter. Ma mère m’a bercée aux proverbes et aux citations : « Ne fais pas confiance aux puissants et aux riches mais au premier venu sur le regard ». José Angel m’a par la suite proposé de me faire visiter la ville et de fil en aiguille, il m’a amené jusqu’à la Laguna de Apoyo, une lagune unique et merveilleuse située à quelques kilomètres de là. A l’écart  du belvédère touristique, nous étions au milieu de la nature pour observer le paysage. Je le questionnais, il me raconta son histoire, son travail, ses balades et son goût de présenter les merveilles de la ville aux touristes. « Certains font cela pour recevoir quelque chose… je n’attends rien… je rencontre des gens. Le plus souvent les gens refusent. Ils ont peur. Mon jean est déchiré et mon t-shirt troué ». Je ne m’avais même pas remarqué. José travaille avec ses frères et sœurs dans la maison que leurs parents leurs ont laissés en partant. Ils fabriquent des jouets en bois qu’ils vendent dans la rue au Honduras, au Salvador et plus rarement au Nicaragua. Cela ne rapporte pas grand chose. C’est tout juste suffisant pour survivre. Sa liberté, c’est son vélo qui lui permet de s’enfuir, de se balader. « Nous sommes pauvres mais notre richesse, elle est  là » m’a-t-il dit en me montrant la Lagune.

Merci José.

Don Alberto gutierrez Jiron, tailleur de pierre.

lundi, novembre 9th, 2009
Don Alberto Gutierrez Jiron

Don Alberto Gutierrez Jiron

Paysan, propriétaire d’une finca (ferme) dans les montagne du nord du pays, Don Alberto Gutierrez a bâti sa réputation de sculptures de pierres, taillées directement dans la roche de la montagne.
Il a commencé ses sculptures en 1977, après avoir passé sa jeunesse dans les champs et à travers le pays quand il a pu. Il a également effectué un séjour au Japon,  on en retrouve la trace dans ses sculptures.

Quand on arrive chez lui, Don Alberto nous amène sur les lieux des sculptures. Sur le chemin, il a planté de nombreuses plantes ornementales et il présente avec fierté ses œuvres et sa ferme.Quelques pierres gravées sont décorent les abords du chemin. Il travaille la terre de manière biologique avec un respect total de l’environnement.
L’essentiel du travail effectué par Don Alberto est constitué d’une murale de pierre de montagne de plusieurs dizaines de mètres de long, qu’il continue à agrandir, jours après jours.
Ses sculptures représente le Nicaragua, la fierté d’être Nicaraguayen et la culture locale. On y trouve également des apports d’autres cultures, avec notamment des animaux spécifiques, comme le chameau et l’éléphant d’ Asie. Dans un renfoncement de la pierre, Don Alberto a également ajouté une crèche de la naissance de Jésus.
Tout au long du chemin, il chante les poèmes qu’il aime, poèmes de Ruben Dario (le poète Nicaraguayen) ou de lui-même.

Le bateau pour San Carlos

samedi, octobre 31st, 2009

Deux fois par semaine, un bateau traverse le lace Cocibolca de Granada à San Carlos. Cette liaison de plus de 10h permet d’éviter un tout aussi long trajet en bus sur un piste. Le bateau transporte marchandises et passagers en 1er et seconde classe.

J’ai fait ce trajet de nuit afin de me rendre au Rio San Juan à partir de l’île d’Ometeppe. Je dois vous avouer que j’ai peu dormi grâce à tout ce qui s’y passe.

Histoire d’un trajet en bateau sur le lac Cocibolca.

Désirant vivre tant que possible avec les Nicaraguayens, j’ai demandé une seconde classe en arrivant au port. On m’a donné une première. Idem pour une jeune fille du Liechtenstein que j’ai rencontré dans le taxi en arrivant, de toute évidence les étrangers n’ont pas le choix. Le bateau est constitué de deux étages. Au premier se trouvent les marchandise et la seconde classe (une centaine de place sur des bancs en bois) et à l’étage la première classe peux accueillir une 60aine de personnes sur des banquettes (mais elle n’ai jamais guère plus remplie qu’à moitié ce qui donne plus d’espace que de nécessaire pour s’allonger si l’on le désire).

Le pont de la seconde classe

Le pont de la seconde classe

Je suis restée sur le pont, l’air conditionnée de l’intérieur de la cabine m’étant insupportable et je préfère l’air de la mer. Très rapidement, tout le monde s’allonge où il peut pour dormir, sur le sol et si possible à l’abri du vent.

Le pont de la première classe après le départ

Le pont de la première classe après le départ

Je reste près d’une cheminée qui me chauffe le dos tout en observant la vie calme de la seconde classe. Cette positon haute me gène. Je m’assied par terre pour moins la sentir.

Deux jeunes sont sur les escaliers qui mène à l’étage de l’autre côté de la porte à barreau, fermée à clef. Petit à petit, nous nous mettons à discuter. L’un d’entre eux à 22 ans, l’autre 18. Ils partent pour le Costa Rica pour participer à la récolte du café. Là-bas, les salaires sont 2 à 2,5 fois plus élevé qu’au Nicaragua pour le même travail. Ils n’ont pas de cedula (carte d’identité) comme de nombreux nicaraguayens. Les démarches sont longues et chères pour obtenir la régularisation dans son propres pays, et d’autant plus dures quand on ne fais pas officiellement parti du parti au pouvoir et que l’on a pas d’ami dans l’administration. Alors pour passer la frontière, il « ami » viendra les chercher. Dans trois jours, ils seront au Costa Rica dans la plantation du nord où ils travailleront jusqu’à ce qu’il n’y ai plus de travail. « C’est la quatrième fois que je vais au Costa Rica. J’y passe entre 6 et 9 mois puis je reviens au Nicaragua » m’indique le plus âgé. Son compagnon, lui, va passer la frontière pour la première fois. « Il n’y a pas de travail ici ». Ils sont calmes, ils sourient. C’est peut être la nuit ou l’air de la mer qui fait du bien. Peut-être voient-ils leur trajet comme un voyage. Ils sont conscients des risques qu’ils prennent en passant illégalement la frontière mais ne semblent pas s’en inquiéter. Nous arrivons à la première escale du bateau, un membre du personnel de bord nous sépare pour demander le passage. Je ne les reverrai plus.

De futurs immigrés au Costa Rica. Dans trois jours, ils y seront...

De futurs immigrés au Costa Rica. Dans trois jours, ils y seront…

La population du Nicaragua est de 5,6 millions d’habitants au dernier recensement. Il y aurait 2 millions de personnes qui travailleraient au Costa Rica, 1 million aux États-Unis. Ces chiffres sont sont pas vérifiés mais différentes personnes me les ont donné. De nombreux nicaraguayens travaillent également en Espagne. L’idée est de partir un temps pour économiser suffisamment d’argent pour construire une maison et voir l’avenir avec plus de confiance une fois de retour au pays.

Le Costa Rica voisin permet de pouvoir revenir de temps en temps au pays et de voir les enfants que l’on laisse souvent à la charge des grands-parents, d’un membre de la famille ou d’un ami. Quand les gens partent aux États-Unis, c’est souvent pour plus longtemps ou pour toujours. Les papiers sont durs à obtenir et nombreux sont ceux qui meurent sur la route d’une entrée clandestine en passant par le Mexique. Le passage est cher (on m’a parlé de 7000 dollars) et j’ai de quoi me demander si c’est vraiment rentable. La vision des USA est idyllique et à mon avis très éloignée de la réalité qu’ils vont trouver sur place.

Déchargement, chargement, descente et montée de passagers. Quand le calme revient, je retourne m’asseoir près de la cheminée au fond du bateau. Un garçon s’installe à côté de moi. Il travaille sur le bateau. Avec 7 autres jeunes, il s’occupe de la manutention lors des escales. Les autres sont allongés sur le pont au milieu des autres passagers endormis. Lui n’arrive pas à dormir pendant le trajet alors il vient s’installer ici, près de la cheminée, car il y fait chaud. Il a 18 ans, a terminé la segundaria (l’équivalent du lycée qui se termine à 16 ans). Pendant 2 ans, il a aidé sa mère à s’occuper de la maison, cuisinant et s’occupant de son petit frère. Depuis 3 mois, il travaille sur le bateau. Deux aller/retour par semaine. Départ le lundi de Granada à 14h, retour le mercredi à 5h du matin. Départ le jeudi à 14h, retour le samedi à 5h du matin. Seulement 4 heures de pause à San Carlos à chaque fois, 3 escales à chaque trajets, ce qui signifie peu de nuit complète dans la semaine. « C’est fatiguant » me dit-il. Je veux bien le croire. Pour cela, il gagne 1300C$ par mois, soit moins de 50 euros. Pas de quoi vivre dignement à mon avis, mais cela aide la famille. « Ce que je veux, c’est me marier et aller vivre ailleurs, au Honduras, au Salvador, voyager un peu… J’ai plusieurs amis qui ont fait ça ». Ce que j’admire, c’est qu’il y a ces rêves et la volonté de les accomplir.

Jason, qui travaille sur le bateau.

Jason, qui travaille sur le bateau.

Nouvelle escale. Déchargement, chargement. Le quai est bondé. Pour pouvoir faire rentrer tout le monde, on ouvre la première classe. Entre 100 et 200 personnes montent à bord. Au loin, on entend l’hymne du FSLN (Front Sandiniste de Libération Nationale, parti de la révolution de 1979, de nouveau au pouvoir depuis 2006) et les exclamations enregistrées de  » ¡Viva Sandino! ». La grande majorité des nouveaux arrivants font parti des Jeunesses Sandinistes. Ils vont rejoindre San Carlos pour assister au discours de Daniel Ortega, le président de la république le lendemain. Malgré mes questions, je n’ai pas réussit à comprendre quel était exactement le but du discours et de la réunion.

La montée des passagers sous le chant de lhymne du FSLN

La montée des passagers sous le chant de l’hymne du FSLN

Maintenant, je souhaite dormir un peu. Il n’y a plus un espace libre. Tant pis, je me recroqueville dans un coin et attends l’arrivée au port, au levé du jour.

Le port de San Carlos au levé du jour. Il est 5h du matin.

Le port de San Carlos au levé du jour. Il est 5h du matin.

Les ruines du Vieil Hôpital de Granada

mercredi, septembre 30th, 2009
Le viel hôpital de Granada

Le viel hôpital de Granada

Comme je l’ai dit, en arrivant en bus à Granada, j’ai vu ce vieux bâtiment en ruine. Un garde est posté à l’entrée. Me voyant discuter avec un vieil homme qui passait dans la rue, il s’approche craignant le danger j’imagine. Le vieil homme part et le garde m’interroge sur les photos que je prends. Il me propose d’entrer pour visiter les ruines. J’accepte avec plaisir !

Noel Enrique Bonilla, garde du viel hôpital

Noel Enrique Bonilla, garde du viel hôpital

Il s’appelle Noel Enrique et travaille pour la ville de Granada depuis quelques mois pour veiller sur les ruines tous les jours de 14h à 22h. Cela fait une dizaine d’année que l’hôpital à cesser de fonctionner. Les gens de la ville venaient s’approvisionner en pierre et en tôle ce qui donne l’impression d’un bâtiment abandonné depuis nettement plus longtemps. Noel me présente chacun des lieux spécifique de l’hôpital de la salle d’opération aux appartements des malades. Il est née ici, dans cet hôpital comme beaucoup d’habitants de Granada. La mairie se préoccupe actuellement de l’état des ruines car elle va transformer les lieux en bureaux et magasins tout en gardant ce qui peut être réutilisé.

Les ruines

Les ruines

Le soleil se couche, je dit au revoir à Noel et le remercie. Hasta la proxima. (à la prochaine)

Los pueblos Blancos y Evert Pavón

dimanche, septembre 20th, 2009
Evert Pavón et ses produits à Granada

Evert Pavón et ses produits à Granada

En août, j’avais rencontré à Granada un homme qui vendait de magnifiques poteries en tout genre. Assis à la terrasse d’un café, nous avions discuté: il produisait lui-même ces poteries, accompagné des membres de sa famille. Comme il me voyait intéressée par son travail, il m’avait invité à me rendre  chez lui, à San Juan de Oriente, si un jour je passais par là. J’y suis allée la semaine dernière, accompagnée de mon fidèle appareil photo.

San Juan de Oriente est un village de los Pueblos Blancos, un groupe de villages spécialisés dans l’artisanat, près de la ville de Masaya. Les trois-quart de la population de San Juan de Oriente est constitué d’artisans potiers. La rue principale est bordée de magasins qui vendent sur place une partie de la production. La maison de Evert Pavón est située un peu en retrait, à l’ouest, près d’un sentier duquel on aperçoit la Laguna de Apoyo (cf.: article sur la Laguna de Apoyo). Evert m’attendait au croisement et me fit entrer chez lui. Sur son terrain se trouvent trois bâtiment en bois : deux d’entre eux constituent les pièces de la maison et le troisième, son atelier avec les matières premières et son tour de potier.

Le tour de potier

Le tour de potier

Accompagné par sa femme et ses enfants, il m’a présenté toutes les étapes de production : la création de la forme, l’enduit, la peinture, la gravure et la cuisson. Chacun dans la maison a sa spécialité : Evert s’occupe de la forme, sa femme peint, ses fils gravent et l’une de ses fille fabrique des perles avec la terre pour confectionner des bracelets de toutes les couleurs. Deux autres de ses filles travaillent sur le  marché de Masaya. Il y vend une partie de ses poteries, mais actuellement les temps sont durs…

Evert m’a répété ce que m’avait déjà dit Modesto, un artisan rencontré à Esteli : depuis plus d’un an, avec la crise économique, il y a moins de touristes et ceux-ci achètent moins. Il y a deux ans, Evert employait d’autres artisans pour pouvoir produire toutes les pièces demandées par des associations des États-Unis qui venaient acheter les produits directement chez lui. L’une des association avait même constitué un catalogue de certaines pièces  afin de faire des commandes spécifiques pour les clients. Aujourd’hui, les associations viennent encore mais les visites se font plus rares. Evert va donc à Granada le vendredi et le samedi pour vendre et être plus proche des clients potentiels : les touristes. Il ne peux pas passer par l’intermédiaire des magasins, ceux-ci achètent les produits à des prix à peine rentables.

Comme je lui présentai mon projet au Nicaragua, Evert m’a dit que si cela intéressait certains de mes lecteurs, il présentera avec plaisir tout ce qu’il m’a montré à qui le désire, alors si vous passez à proximité, n’hésitez pas à lui rendre visite !

fsdffd

Portrait de la famille et de l’artisant Evert Pavón

Coordonnées :

Evert Antonio Pavón Cano et sa famille
Tél : (505) 8869-3869   ou    (505) 8979-1416
E-Mail : heberartesaniaspavon@yahoo.es
Adresse : Del Colegio Republica Alemana, 150 varas al Norte, Barrio Bueno Vista, Zana #4

Suite à une fausse manipulation, voivi les commentaires sur cette page :

4 commentaires to Evert Pavón y los Pueblos Blancos

ZOE6000
22 septembre 2009

tes photos sont très jolies …

il fait de jolies choses cet artisan … quelle chance tu as de côtoyer autant de personnes si intéressantes.

Bizzz

Hélène Legay
24 septembre 2009

La chance, ou l’opportunité ? Récemment une amie Nicaraguayenne m’as dit qu’elle pensait que la chance n’existe pas mais ce sont des opportunités que Dieu met sur ta route et que tu peux prendre ou non… Je ne sais pas ce que je pense moi-même mais il est vrai que de nombreuses rencontres que j’ai faites, je ne les aurait peut-être pas faites si j’avais agit comme j’agissais il y a quelques mois. Ce que je veux dire est que je me suis ouverte et que je parle plus facilement aux personnes dans la rue, ce qui peux ouvrir sur des rencontres extraordinaires. Par exemple, cet artisan a commencé à discuter avec moi car sans vouloir lui acheter des produits, je lui ai porté intérêt : “c’est vous qui les produisez?”, ” vous habitez Granada?” et de son côté, lui a fait de même : “vous êtes ici pour du tourisme?, Vous restez combien de temps?”…
L’une des choses que j’ai appris ici, c’est à accepter ce que l’on m’offre, sans avoir peur de gêner, sans se poser de questions. Accepter. Avant, je disait souvent “non” par peur de déranger et je me suis rendue compte que lorsque quelqu’un te propose quelque chose c’est qu’il a envie de donner et que d’aucune manière, cela peut le déranger au contraire. Ainsi si quelqu’un te propose de te faire visiter la ville, de t’offrir un livre, un collier, ou d’entrer et de te présenter des ruines interdites d’accès et dont il est le gardien, il ne faut pas avoir peur de déranger ou penser aux mauvaises choses que pourrait te faire cette personne. J’accepte de rentrer dans son monde sans peur et je découvre de nouvelles choses.
Plusieurs Nicaraguayens qui se sont ainsi ouvert à moi m’ont parlé d’étrangers qui refusaient leur propositions et je crois bien qu’ils ne les comprenaient pas ou qu’ils se rendaient compte que ces personnes avaient peur… De quoi ? de leur habits qui prouve qu’ils ne sont pas riches économiquement, de déranger ou je ne sais quoi encore…
Accepterce que l’on m’offre est l’une des choses de moi-même que j’ai appris au cours de ce voyage, et avec toutes les autres, cela m’a donné de l’assurance, cela m’a affirmé dans ce que je suis et que j’ai toujours été. Cela fait partie des choses qui fabriquent le bonheur de tous les jours. Je souhaite à toutes les personnes de la planète de s’en rendre compte un jour.
Merci pour ton message Zoe6000.
Helene

Ambre
23 novembre 2009

Hélène , tu as eu beaucoup de chance de rencontrer de telles opportunités mais je ne pense pas que cela soit aussi évident ds notre pays dit ” civilisé” où les gens s’ignorent ..j’en ai des exemples tous les jours !!

J’adore ton blog ….je ne m’étais même pas rendue compte de l’heure , j’étais vraiment “partie en voyage ” !! Je n’ai pas pu tout voir …je reviendrai !! Magnifique ..continue de nous faire rêver !!
Ambre

Hélène Legay
23 novembre 2009

Merci beaucoup !
En ce qui concerne les opportunités que j’ai rencontre sur place, il est sur que ce n’est pas aussi évident en France mais je pense que si l’on cherche dans un ville que l’on finit par connaitre, on peut aller chercher ces opportunités-là. Je n’en suis pas sur mais vais chercher a le vérifier des mon retour. C’est au fond le travail de chacune des personnes qui le cherche de nous retrouver tous ensemble pour en profiter et permettre a ceux qui ne savent pas ou aller de nous retrouver. Je vais voir si mes paroles se vérifient lors de mon retour en France (car je suis aujourd’hui au Canada jusque décembre)

Merci encore et a très bientôt sur le net !
Hélène

Quelques nouvelles

jeudi, août 27th, 2009
Trajet Managua-Condega-Léon

Presque dix jours sont passés et me revoilà. Après avoir peaufiné quelques affaires à Managua, je suis partie pour Condega, la ville de l’IDCO. Cela me tenait à coeur d’y retourner pour voir et parler avec les personnes que j’y ai rencontré : Candida, qui m’accueille chez elle avec un sourire qui touche jusqu’au plus profond du coeur, Xilo et Citla, les deux cousines pleines de vie, Victoria, cette femme qui élève 12 petits enfants pleins de vie et tant d’autres.

Aurélila par exemple est depuis 11 ans une professeur de l’école spéciale de Condega. Cette école accueille des enfants ayant de grandes difficultés scolaire ou des sourds et muets. Aurélila a commencé à enseigner aux élèves en grandes difficultés tout en apprennent la langue des signes. Elle est devenue depuis 4 ans l’une des professeurs des élèves sourds. Le mois dernier, avec d’autres membres de l’association, Aurélila nous avait présenté la ville . Elle nous avait aussi emmené visiter sa famille dans l’une des communidad (quelques maisons) à trois heures de marche de Condega (La Laguna, vous vous souvenez ? ). Elle parle très lentement pour qu’on la comprenne bien en tant qu’étranger. Elle a pris l’habitude au sein de son travail.

Invitée dans la classe, les élèves se sont présentés et mon donné mon signe personnel. Plutôt que d’épeler le nom d’un personne à chaque fois que l’on parle d’elle, on lui donne un signe lié à son caractère ou à son physique. Mon signe à moi c’est un deux doigts pointés sur la joue droite. Les deux doigts signifient H pour Hélène et la joue droite car je n’ai qu’un seule fossette, côté droit, quand je sourie !

Aurélila et sa classe

Aurélila et sa classe

Les élèves m’ont appris quelques signes : buenos días, buenas tarde, buenas noches, Francía, Nicaragua, école, travailler, étudier, merci, beaucoup, arbre… Quand je rentrerai je pourrai vous parler un peu mais malheureusement, comme les langues parlées, la langue des signes est différentes selon les pays, je ne pourrai donc pas parler aux personnes sourdes en langue des signes française. Je ne regrette pas pour autant, j’ai ressentie chez les élèves (j’aimerai tellement les appeler par leurs noms mais je ne me souviens que de leurs signes…) une énorme envie de partager et de me faire découvrir cette langue. Je continuerai à apprendre : je les revois aux alentour du 15 septembre car j’irai passer la fête de l’indépendance à Condega.

En el campo …

jeudi, août 20th, 2009

J’ai passé trois jours avec les membres techniques d’Aprodesa à El Sauce, pueblo (village) du département de Léon. Chaque jour, nous partions tôt le matin pour rejoindre une communidad (groupement de maisons – une trentaine). Ils rencontraient les paysans et j’observais la vie de la campagne. En voici une petite description :

Les animaux en liberté devant la maison

Les animaux en liberté devant la maison

Les maisons sont faites de bois et d’une sorte de torchis pour les murs de la cuisine. Le four est à l’extérieur. La plus grande partie de la maison est ouverte sur l’extérieur avec un toit bas afin d’assombrir et donc de rafraîchir la pièce. Tout autour de la maison, les chiens, les poules, le cochon et les vaches quand il y en a profitent de la tranquillité de la vie.

Deux soeurs

Deux soeurs

Les habitants sont encore plus calme que ne le sont les Nicaraguayens. Les enfants s’amusent et profitent de ma présence pour jouer avec mon appareil photo. Ils ont tous de grands sourires aux lèvres que ce soit les enfants ou les adultes. Tout autour de nous, s’élève la forêt. Des arbres plus ou moins grands, plus ou moins vieux, qui ne ressentent pas l’emprise de l’homme. El Cacao, comme les autres communautés se situe très en altitude dans la montagne. Le paysage est magnifique. Les étendues de végétations sauvages sont parsemées ça et là de parcelles cultivées de maïs ou de frijoles (haricots rouges).

Un paysage parmi tant dautres ...

Un paysage parmi tant d’autres …

Comme partout au Nicaragua, personne ne viendra vous faire sentir que vous gênez, bien au contraire, on vous accueille, on ne se sent pas obliger de parler si l’on en a pas envie, on répond avec plaisir aux questions qui sont posées. Une vie tranquille au sein de laquelle on ne ressent aucunement le stress de savoir si on se comporte de la bonne manière, si il y a des choses qu’il faut dire ou qu’il ne faut pas dire, pas de manières d’aucune sorte. Juste la vie, la cohabitation tranquille et agréable pour quelques heures, quelques jours et pourquoi pas plus longtemps …?

Une discussion tranquille à lombre dun banc

Une discussion tranquille à l’ombre d’un arbre.

Je pense que l’on aura compris que j’aime particulièrement le calme de la campagne, que ce soit au Nicaragua ou en France. L’avantage du Nicaragua sur cette dernière ? La végétation sauvage telle ce que cela n’existe plus en France et l’absence d’un hiver froid. La température varie entre 15 et 35 degrés au grand maximum, mais reste le plus souvent proche des 28. Cela permet de rester dehors toute l’année et d’avoir des maisons telles que décrites (pas besoin de murs de plusieurs dizaines de centimètre d’épaisseur et de beaucoup de chauffage pour atteindre les 15 degrés comme dans les Pyrénées… ;-))

J’ai tellement apprécié ces quelques jours que je dois avouer que l’absence d’électricité, les deux heures de marche sur un chemin difficile pour aller à la ville et les travaux des champs ne me rebuteraient pas, bien au contraire, pour venir vivre ainsi quelques années, voir plus …

Qui vivra verra ce que l’avenir nous réserve…

La main de son fils …

mercredi, août 19th, 2009

Un court instant, un geste simple. L’instant m’a marqué même s’il est courant. Le père qui donne à son fils le papier qu’il doit signer afin que celui-ci le fasse. Lui, ne peut pas.

Un enfant signe à la place de son père qui ne sait pas écrire.

Un enfant signe à la place de son père qui ne sait pas écrire.

 

Depuis la révolution de 1979, l’analphabétisme régresse au Nicaragua. Une grande campagne de lutte est en route depuis 30 ans, mais bien que l’école soit obligatoire, de nombreux enfants n’y vont pas.

Des étudiants ont travaillé sur le sujet pour démontrer que les enfants qui travaillent ne le font pas parce qu’ils sont pauvres mais qu’il s’agit avant tout d’un problème culturel. Il y a-t-il quelque chose de plus dure a faire évoluer ? Mais il faut se battre. Et de nombreux nicaraguayens le font.