Archive for juillet, 2010

Il y a un an… Une journée mémorable

Posted by Hélène Legay on juillet 30, 2010
Il y a un an... / No Comments

“On est pauvre mais notre richesse, elle est là” me dit-il en me montrant la Lagune. Toute la richesse de la Nature. Ce pourrait être la morale d’un conte, d’une légende. Mieux que cela, c’est une histoire vraie que je vais vous conter.

Je me baladais à la sortie du marché. C’était la première fois que je venais à Masaya. Je ne cherchais rien de spécial alors je me suis promenée tout d’abord dans le marché puis dans les quartiers périfériques. Je marchais sans but, observant les maisons et les habitants devant lesquels je passais. Des sourires échangés sur le passage. Une belle journée. Se baladant en vélo, José Angel s’est approché et l’on a commencé à discuter tout en avançant., moi à pied, lui en vélo. Il me proposa de m’emener au parc central sur son vélo. J’hésitai une demi seconde avant d’accepter. Ma mère m’a bercée aux proverbes et aux citations : “Ne fais pas confiance aux puissants et aux riches mais au premier venu sur le regard”. José Angel m’a par la suite proposé de me faire visiter la ville et de fil en aiguille, il m’a amené jusqu’à la laguna de Apoyo, une lagune unique et merveilleuse située à quelques kilomètres de là, A l’écart  du belvédère touristiquen nous étions au milieu de la nature pour observer le paysage. Je le questionnais, il me raconta son histoire, son travail, ses balades et son goût de présenter les merveilles de la ville aux touristes. “Certains font cela pour recevoir quelque chose… je n’attends rien… je rendontre des gens. Le plus souvent les gens refusent. Ils ont peur. Mon jean est déchiré et mon t-shirt troué”. Je ne m’avais même pas remarqué.José travaille avec ses frères et soeurs dans la maison que leurs parents leurs ont laissés en partant. Ils fabriquent des jouets en bois qu’ils vendent dans la rue au Honduras, au Salvador et plus rarement au Nicaragua. Cela ne rapporte pas grand chose. Juste suffisemment pour survivre. Sa liberté, c’est son vélo qui lui permetde s’enfuir, de se balader. “Nous sommes pauvres mais notre richesse, elle est  là” m’a-t-il dit en me montrant la Lagune.

Merci José.

La Mocuana, légende nicaraguayenne

Posted by Hélène Legay on juillet 25, 2010
Musiques, Chants et Légendes / No Comments

La tradition et la culture indigène sont encore assez présent au Nicaragua. Chaque ville possède ses contes et légendes particulières qui sont plus ou moins connues dans le reste du pays. Ces légendes ont été regroupées par plusieurs auteurs dont la Licenciada Josefa Maria Montenegro dans le cadre d’un travail de fin d’étude pour le Colegio Calasanz. Norma Morales m’a présenté son mémoire avec un recueil de nombreux contes nicaraguayens que j’ai récupéré. J’en ai commencé la traduction (non professionelle) et je vous présente aujourd’hui une légende de la région de Sébaco : La Mocuana.

LA MOCUANA

Approximativement vers l’année 1530, les espagnols réalisèrent une expédition bien armée en territoire nicaraguayen afin d’étendre leur domination et d’augmenter leurs richesses. Durant cette incursion, les espagnols réussirent soumettre les indiens de Sébaco, habitants de la Lagune de la Moyua. Le chef de la tribu, une fois vaincu, offrit aux conquistadors des sacs fabriqués avec du cuir de cerf, remplies de petites d’or.

La nouvelle que les conquistadors étaient rentrés avec de grandes richesses attira en Espagne l’attention d’un jeune homme qui espérait changer son quotidien et dont le père était mort au cours de cette expédition. Décidé, le jeune homme s’engagea et, après un long et difficile voyage, il arriva sur le sol Nicaraguayen, où il fut très bien accueilli par les habitants qui croyait que c ’était un prêtre.

Arrivé à Sébaco, le jeune homme fit connaissance avec la jolie fille du cacique (chef indigène) et la fit tomber amoureuse avec l’intention de s’approprier les richesses de son père. La jeune indigène tomba éperdument amoureuse de l’espagnol et en preuve de son amour, elle lui fit connaître le lieu où son père gardait ses richesses. Certains prétendent que le jeune homme finit lui aussi par tomber amoureux de la jeune indigène.

Quand le cacique apprit les sentiments qui existaient entre sa fille et l’étranger, il s ’opposa fermement à la relation tant et si bien qu’ils furent obligés de fuir là où la furie du père ne les atteindra pas. Mais le cacique réussit à les retrouver, se confronta fièrement à l’espagnol, parvenant à lui donner la mort, après quoi il enferma sa fille dans une grotte dans les collines, malgré qu’elle soit enceinte. Certaines versions assurent que c’est l’espagnol qui enferma l’indigène après s’être approprié les trésors du père.

La légende de la Mocuana raconte qu’avec le temps, devenu folle, la fille du cacique réussit à sortir par un tunnel, mais en le faisant, elle a tiré son fils dans un abîme et depuis ce temps, elle apparaît par les chemins, invitant les promeneurs dans sa grotte. Ceux qui l’ont rencontré disent qu’on ne voit pas son visage, seulement sa mince silhouette et ses long et beaux cheveux noirs.

Dans certains lieux, on raconte que quand la Mocuana rencontre un nouveau né, elle le tue et laisse un bracelet d’or aux parents. D’autres versions assurent qu’elle l’emporte en laissant derrière elle des pièces d’or.


Texte de Josefa Ma. Montenegro, traduction Hélène Legay

La Consigna de Carlos Mejia Godoy

Posted by Hélène Legay on juillet 21, 2010
Musiques, Chants et Légendes / No Comments

Hermano, dame tu mano
y unidos marchemos ya
hacia el sol de la victoria,
trayectoria de la libertad.

Hermano de la montaña,
hermano de la ciudad,
juntos unidos lucharemos
y unidos lograremos
llegar al final.

Ya nadie detiene la avalancha
de un pueblo que tomó su decisión ;
esta es la guerra desatada,
popular y prolongada contra el opresor.

¿ Cuál es la Consigna ?
El pueblo no se detiene.
¿ Cuál es la Consigna ?
F S L N

¡ F de Fuerza insobornable,
S de Sol de libertad,
L de Lucha inclaudicable,
N de No retroceder


(Frère, donne moi ta main,
et ensemble marchons
jusqu’à la terre de la victoire
trajet de la liberté.

Frère de la montagne,
frère de la ville,
tous ensemble nous lutterons
et unis nous réussirons
à arriver à la fin.

Plus personne ne peut contenir l’avalanche
d’un peuple qui a pris sa décision;
ceci est la guerre déchaînée,
populaire et prolongée contre l’oppresseur.

Quelle est la Consigne?
Le peuple ne peu se contenir.
Quelle est la Consigne?
F S L N

F de Fuerza incorruptible,
S de Sol de la Liberté
L de Lutte inébranlable
N de Ne reculera pas !)

Vidéo: http://www.youtube.com/watch?v=AjLMPYD0AiE

Il y a un an… l’anniversaire de la Révolution

Posted by Hélène Legay on juillet 21, 2010
Il y a un an... / No Comments

La Consigna, l’un des hymne de la révolution Nicaraguayenne de 1979, de Carlos Mejia Godoy

Ce chant, répété par des milliers de personnes, dans une athomphère d’allégresse, sous un soleil de plomb. Du rouge et du noir sur les drapeaux, les vêtements, les visages. Une scène, des discours mais surtout les retrouvailles d’un peuple qui fête la victoire, sa victoire. Jamais je n’avais ressenti avec un telle force la joie d’une foule, transmise à quiconque s’en approche. Le bonheur commun d’être ensemble et d’avoir gagné.

19 juillet 2009. Le trentième anniversaire de la Révolution Sandiniste. Le trentième anniversaire de la mise en place de la république démocratique. Le trentième anniversaire de la fuite de Somoza, le dictateur.

30 ans de la révolution. Marque sur le visage.
30 ans de la révolution. Marque sur le visage.
30 ans de la révolution. Drapeau du FSLN.
30 ans de la révolution. Drapeau du FSLN.
30 ans de la révolution. Marque sur le visage.
30 ans de la révolution. Bracelet FSLN.
30 ans de la révolution. Marque sur le visage.
30 ans de la révolution. En l
30 ans de la révolution. Marque sur le visage.
30 ans de la révolution. Tribune.
30 ans de la révolution. Marque sur le visage.
30 ans de la révolution. L

Au delà de la fête, beaucoup d’autres choses se jouaient derrière cette fête de la révolution. La masse de la foule représentait le soutien de la population au président actuel, ancien leader de la révolution de 1979, Daniel Ortega. Un soutien qui ne va pas de soi. Après quinze ans de gouvernement libéral, le parti Sandiniste a de nouveau gagné les élections en 2006, grâce à des manigances politiques et à une alliance avec les chrétiens. Une concession majeure fut l’interdiction totale de l’avortement, même thérapeuthique. Depuis, une partie de la population trouve que les mesures du président sont de trop faible ampleur et ne sont plus en adéquation totale avec les idéaux originaux du FSLN (Front Sandiniste de Libération Nationale - Parti Sandiniste). Il y avait du monde sur la Place de la Révolution le 19 juillet, mais pas autant que les années précédantes.

Malgré les campagne de publicité, les discours à répétition dans tout le pays, Daniel Ortega perd peu à peu l’estime des nicaraguayens. Mais si Daniel Ortega n’est pas apprécié par tous, la révolution ne l’est pas non plus complètement. Les partisans de l’ancien dictateur et les libéraux sont nombreux. Ce n’est pas sans raison qu’ils ont gagné les élections de 1990 à 2002. Ce n’est pas un hasard si il a été si difficile au Parti Sandiniste de reprendre le pouvoir. Pourtant, en discutant dans la rue avec les personnes que j’ai croisé, il est rare de les rencontrer ces personnes qui s’avouent ouvertement libérales. Elles sont là, présente mais elles se taisent. Les représailles ne seraient pas violentes mais tout le monde sait que les avantages que le gouvernement offre aux plus pauvres revinnent essentiellement, si ce n’est seulement, aux partisans du FSLN. Un bon élève issu d’une famille ouvertement Sandiniste aura plus de chance de décrocher une bourse d’étude qu’un très bon élève issu d’une famille non engagé officiellement politiquement. Le favoritisme politique et la corruption des membres politique de haut niveau ne sont pas un secret. Il ne s’agit pas d’une spécificité Sandiniste. Les gouvernements libéraux travaillaient de la même manière. Pour exemple les pots de vin monstrueux et les détournements de fonds internationaux des ONG censés venir en aide aux familles touchées par l’ouragan Mitch qui avait fait plus de 10 000 morts et sinistré des dizaines de milliers de personnes en 1998.

Il pourrait être intéressant de donner des chiffres pour étayer cet article, mais entre non-dit, manigances et corruption, il est difficile d’avoir confiance en les instituts de sondages. Ce qui est sûr, c’est que la population est partagée et que le FSLN est sur la défensive. L’importance des rumeurs de manipulation de la part du FSLN lors des élections municipales de 2008 en est la preuve. Mythe ou réalité, je ne me prononcerai pas, je n’en suis pas capable. Mais l’Union Européene et les USA ont tranchés en supprimant leur aide au Nicaragua. Daniel Ortega fait mine de s’en moquer mais la hausse des aides du Vénézuela d’Hugo Chavez ne compensera pas les pertes. Le grand perdant dans cette histoire est encore et toujours le peuple et les plus démunis.

Ajout : Souvenir de la révolution par les affiches : lien BBC News http://www.bbc.co.uk/news/world-latin-america-10689502

Il y a un an… La Calle de Condega

Posted by Hélène Legay on juillet 07, 2010
Il y a un an... / No Comments

Bonjour à tous,

Aujourd’hui, une photogaphie qui symbolise pour moi mon arrivée dans le pays. J’y étais pourtant déjà depuis deux semaines mais je n’avais pas encore commencer à prendre de photos. Je travaillais avec les membres de l’association Solidarité Nica à l’école qu’ils soutenaient, je découvrais le pays et la langue…

Une photo prise au matin dans une rue de Condega :

Une rue de Condega

La programmation de cet été

Posted by Hélène Legay on juillet 07, 2010
Actualités du projet "Nicaragüenses" / No Comments

Le projet Nicaragüenses continue lentement mais surement cet été. Une partie de l’expo “Portraits de Nicaraguayens” sera visible pendant le festival des Eclectiques, la Convention de Jonglerie de Carvin du 14 au 18 juillet dans le cadre de l’exposition de l’association Bohu-Tohu “Mon voisin est un artiste” déjà présenté à la Maison Folie de Wazemmes fin juin.

Pour le reste, je prépare l’année prochaine de par la rédaction des textes du livre de photographies sur le Nicaragua que je compte proposer à des édieurs à partir de septembre prochain. Les expositions vont reprendre à partir de septembre avec la sortie d’une nouvelle série de photographies sur la campagne et le tourisme communutaire (Festival de Photo-reportage BarrObjectif en Charente du 18 au 28 septembre, exposition sur le Nicaragua (peintures de Laurette Dardenne et photographies de Hélène Legay) avec l’association Touscan à la Maison Régionale de l’Environnement et des Solidarités (MRES) de Lille, exposition “Portraits de Nicaraguayens” à Bourg Saint Maurice (Savoie) lors de la semaine de la Solidarité Internationale avec l’association INTI qui sera par la suite présentée à la bibliothèque universitaire de Lille 2 en novembre/décembre, une exposition à Paris dans un café en mars). L’exposition “Jeunes Nicaraguayens” va être prêtée au CROUS de Poitiers afin de la présenter dans différents lieux universitaires du Poitou-Charentes (Poitiers, Niort, La Rochelle, Angoulême).

Je compte terminer le diaporama de présentation du Nicaragua que je mettrai en ligne et que je présenterai au club de photographie Métropolille Image à Lille au début de l’année scolaire prochaine ainsi qu’un book de photographie spécial afin de le présenter à des galeries parisiennes.

Voici donc les projets pour l’été : préparer l’année prochaine. Le programme 2010-2011 risque d’être d’autant plus chargé que je reprends un Master (bac +4) de Communication Interne et Externe à l’université de Lille 3 suivi d’un stage de 6 mois de mars à août 2011.

Pour ne pas vous laisser en reste, je vais commencer dès aujourd’hui à publier une série d’articles qui retracent mon voyage. Des photos inédites, des textes que j’avais rédigé mais que je n’avais pas pris le temps de présenter… de quoi repartir le temps de quelques minutes à 7000 km de la France :-) !

A tous et à toutes, je vous souhaite un très bon été 2010 sous le soleil, en profitant de la vie !