« Chilisa », nouveau quartier d’Esteli

Les tentes de lentrée du quartier Chilisa

Les tentes de l’entrée du quartier « Chilisa »

Norma Morales est ma professeur d’espagnol. Fin septembre, je suis retournée chez elle pour une semaine de cours et de tourisme. Après m’avoir présenté à l’un de ses amis libéral afin que je puisse lui poser toutes les questions que je me posais, elle a tenu à me montrer l’un des quartier d’Esteli (la ville dans laquelle elle vit) : le quartier « Chilisa » où se sont installées des familles et groupes de personnes qui n’ont pas de toit. Le terrain appartient en partie à un propriétaire terrien qui n’utilise pas cette portion de terre. Officiellement donc, ces nicaraguayens se sont installés sur une propriété privée en toute illégalité, c’est pourquoi on les appelle les « Toma-Tierra » (preneurs de terres). Plus de deux mille personnes vivent aujourd’hui sur plusieurs dizaines d’hectares. L’expansion démographique du Nicaragua explique en parti ce phénomène. La maison familiale devient trop petite pour les enfants devenus adultes et leur familles. Ils ne peuvent plus construire sur le terrain familial car il devient trop petit. N’ayant pas les moyens d’acheter ou de louer une maison, les familles sans-toit se regroupent afin de survivre en s’installent sur des terres à l’abandon afin de survivre comme ils peuvent. Et effectivement, les conditions de vie dans quelque camping français que ce soit sont bien meilleures que les conditions de vie dans le quartier « Chilisa ». Ici, il n’y a pas d’eau ni d’électricité. Les abris sont construit avec ce que l’on trouve. Les toits sont fait le plus souvent d’amoncellements de cartons et de sacs poubelles en plastique qui laissent s’infiltrer l’eau quand il pleut. Peu à peu, certains des habitants parviennent à s’acheter des matériaux afin de construire un abris de meilleure qualité comme ce couple avec bébé qui vit dans les 5-6 m² d’une cabane en bois.

Une famille dans leur maison

Une famille dans leur maison

La propreté personnelle et l’attention portée à la tenue vestimentaire des personnes qui partent à la ville pour travailler ou trouver du travail m’impressionne. Les chemises sont mieux repassées que ce que je suis personnellement capable de faire avec tout le matériel que je possède. Les voisins s’offrent le café, l’on fait les repas en famille. La plupart des familles tentent d’améliorer leur sort en travaillant d’une manière ou d’une autre, à l’image de cette femme qui cuisine des nacatamales (plat typique) pour aller les vendre en ville. Comme partout dans le monde, les enfants jouent ensemble, courent, et s’entraînent au baseball avec une balle de tennis. La vie continue…

Une femme cuisine des nacatamales

Une femme cuisine des nacatamales

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